L’intelligence artificielle dans la lutte contre la fraude fiscale : un tournant technologique

La fraude fiscale, caractérisée par une transgression délibérée des lois fiscales, représente un enjeu majeur pour l’intégrité des finances publiques.

Alors que les stratégies de fraude deviennent de plus en plus complexes et dissimulées, notamment avec l’essor du commerce électronique et des activités financières en ligne, les autorités fiscales se sont tournées vers l’intelligence artificielle pour améliorer leur efficacité opérationnelle.
Ainsi, la lutte contre la fraude fiscale s’est intensifiée, dans un monde où les informations circulent librement sur les réseaux sociaux et les plateformes en ligne.

 

L’émergence de l’intelligence artificielle (IA) redéfinit de manière fondamentale les approches traditionnelles de lutte contre la fraude fiscale. L’IA, avec sa fusion remarquable de capacités de calcul avancées et d’analyses sophistiquées, n’est pas seulement un outil améliorant les méthodes existantes de détection et de prévention des fraudes, mais elle matérialise également une évolution qui remet en question les implications éthiques et légales dans ce domaine.

 

Car si ce tournant technologique offre des possibilités inédites pour démasquer et contrer les pratiques frauduleuses qui échappaient auparavant aux méthodes conventionnelles, il pose également des questions sur la légitimité de l’utilisation des informations personnelles, et du respect de la vie privée.

 

L’IA, dans ce contexte, est une alliée puissante, capable de traiter et d’analyser des volumes massifs de données pour détecter des anomalies dans les déclarations, des incohérences et des modèles qui pourraient indiquer des comportements frauduleux.

 

Néanmoins, l’intégration de l’IA dans les services fiscaux n’est pas une solution miracle. Elle requiert une réflexion approfondie sur son déploiement et son utilisation, notamment en ce qui concerne les questions de confidentialité et de droits individuels. La législation se doit donc d’encadrer efficacement l’utilisation de ces technologies, en garantissant une application éthique et conforme au droit.

 

En effet, la limite entre la surveillance légitime pour la détection de la fraude et l’intrusion dans la vie privée des individus est poreuse, et nécessite une réflexion approfondie sur les modalités d’utilisation des technologies de contrôle.

La lutte contre la fraude, dans ce contexte, n’est donc pas seulement une question de technologie, mais aussi de respect des droits individuels.

 

Les autorités doivent donc trouver un équilibre entre l’utilisation efficace des outils d’IA pour détecter les fraudes et le respect des principes de confidentialité et de protection des données personnelles, garanties notamment par le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), adopté le 20 juin 2018.

 

En somme, l’emploi de l’intelligence artificielle ouvre un nouveau chapitre dans le domaine de la lutte contre la fraude fiscale, riche en opportunités, mais également jonché de défis, tant sur le plan technologique que sur le plan légal. Il invite à une réévaluation constante des méthodes, des réglementations et des pratiques, dans un effort pour harmoniser les avancées technologiques avec le droit.